Nouveau prototype MetisS MS18, concept JBB (T.S.S.), engagé aux 24H du Mans Motos 2018.

Tags : Essais | Test

Auteur : Pascal Froger | 14 Avril 2018

Crédit photos : RenNa « Multimédia »

Premiers essais sur le circuit Bugatti (Le Mans)

Après les 24H du Mans 2017, le Team MetisS annonçait ne pas participer au Bol d’or 2017 pour se consacrer corps et âme à l’élaboration et la construction d’un tout nouveau prototype moto. Et ce pour tenter de ne plus perdre de terrain sur les machines du TOP10 du Championnat du Monde d’Endurance Moto.

La petite équipe du constructeur français décide alors de prendre le taureau par les cornes pour repartir d’une feuille blanche en tenant compte de ses 13 années d’expériences.

Le moteur de la MS15 étant devenu obsolète pour prétendre rester dans le TOP10, c’est donc vers le tout dernier moteur Suzuki 1000 GSXR (L7) que l’équipe MetisS se tourna. Partant de ce nouveau moteur L7, il fallait revoir entièrement le cadre pour faire le lien avec la partie cycle. Quitte à redessiner un nouveau prototype, autant aller à l’essence même du concept JBB… une moto sans cadre.

C’est alors que toute la petite équipe MetisS se mis en marche après les derniers 24H du Mans Motos, tant pour dessiner le nouveau prototype autour du moteur L7 de la firme d’Hamamatsu, que pour rechercher des financements et de nouveaux partenaires. C’est ainsi que le petit constructeur de moto de course français accueille dorénavant, dans son cercle de partenaires, la société Moto Parc 72 (Suzuki Le Mans) chez qui l’équipe MetisS commanda une Suzuki 1000 GSXR 2017 sur laquelle le moteur L7 sera prélevé (voir l'article sur le reste des pièces neuves à vendre par le Team MetisS). Mais aussi des nouveaux partenaires comme les sociétés ABM49 et AMB91 qui viennent rejoindre la société ADM dans le secteur de l’usinage, secteur primordial puisque le nouveau prototype voit son cadre disparaitre au profit de pièces taillées dans la masse servant de lien entre partie cycle et moteur. La société Novengine et Courseaux viennent également grossir la « liste » des partenaires du Team et participer à cette formidable aventure.

Enfin d’après un cahier des charges ambitieux, Jean-Bertrand Bruneau va sortir les plans de la nouvelle MetisS (MS18). S’en suivra une course contre la montre afin de tenir l’objectif d’engager ce nouveau prototype aux 24H du Mans Motos 2018, soit moins d’un an pour réussir l’exploit.

Ce pari invraisemblable de concevoir et construire de A à Z un tout nouveau prototype de course Moto et qui plus est d’Endurance, va tout bonnement être gagné le 10 Avril dernier où les premiers tours de roue du prototype MS18 a eu lieu sur le circuit Bugatti. Ce même circuit qui accueillera la mythique épreuve des 24H du Mans Motos pour son 40e anniversaire.

Exploit presque invraisemblable si l’on ne connaissait pas le savoir-faire de l’équipe MetisS et de son concepteur Jean-Bertrand Bruneau. Exploit d’autant plus grand quand on sait qu’il faut plusieurs années aux grandes firmes moto pour sortir une nouvelle machine.

 

Et c’est ainsi que la petite équipe MetisS, avec seulement une semaine de retard sur son plan de marche plus que serré, débarqua sur le circuit Bugatti pour les premiers tours de roues de son dernier né. Les 10 et 11 Avril derniers la MS18 rassura tout son petit monde comme quoi elle était bien la digne héritière des motos à concept JBB (T.S.S.), qui fonctionne d’emblée. Mais une MetisS n’est pas une RenNa (moto de route à T.S.S.), la MS18 est une moto de course, et c’est bien de cela que le Team MetisS à conscience. C’est pourquoi durant ces 2 premiers jours d’essais la tâche première de l’équipe était de prendre conscience du travail qu’il restait à accomplir pour qu’elle devienne dans un premier temps, aussi compétitive que la MS15 et dans un deuxième temps exploiter les améliorations données par le cahier des charges de cette MS18.

 

Faisons le tour des nouveautés sur cette MS18.

Tout d'abors son nouveau moteur L7 emprunté à la Suzuki 1000 GSXR qui apporte en plus d'un gain de puissance, une électronique qui équipe désormais toute machine qui prétend vouloir performer. Encore faut-il avoir les moyens de bien développer cette nouvelle assistance et de ne pas s'y perdre.

La MS18 dit tout simplement au revoir au cadre et rejoint en ça les anciens prototypes JBB à moteur Kawasaki (1993), BMW (1996) et la célèbre Championne de France ProTwin Atomo (2000). Elle est toujours équipée du fameux T.S.S. avec son amortisseur avant (Delcamp) en position vertical qui vient se nicher entre les tous nouveaux radiateurs d’huile et d’eau. Là encore le point fort du T.S.S. c’est le fait que quasiment rien ne vient gêner l’arrivée d’air sur les radiateurs comparativement au train avant à fourche qui obstrue une grande partie cette arrivée d’air participant au refroidissement. Ce qui a l’intérêt de minimaliser les radiateurs et de disposer de plus de place et rendre plus compacte la machine. Compacité est le terme qui définit bien cette MS18. On reconnait bien là la patte du concepteur qui a su encore une fois rapprocher les centres des masses donnant à ce prototype 4 cylindres en ligne l’allure d’un Top Model avec une dizaine de centimètres en moins de largeur dû à la suppression des longerons du cadre. Ce qui a pour conséquence d'optimiser l'aérodynamique de la machine.

La particularité du train avant JBB est de pouvoir se passer de cadre pour une meilleure rigidité et un gain de poids.

Que dire également du bloc selle/réservoir ?!

Une nouveauté aussi. La selle est le réservoir, ou le réservoir est la selle. L’ensemble c’est fondu pour mieux répartir et centrer les masses (avec un mouvement du liquide d'essence moins impactant) ce qui participe grandement à cette compacité. Le réservoir ainsi situé est tellement bas (une dizaine de centimètres de gagnés en hauteur) que l’habillage doit compenser en hauteur pour caler le pilote. Donnant un très joli visuel, unique sur une moto d’endurance, où la trappe à essence est intégrée à la coque qui habille le réservoir tout en faisant office de selle. D’ailleurs la trappe étant tellement intégrée qu’il faudra tailler un petit peu dans l’habillage pour ne pas gêner son ouverture maximale.

Une seule pièce pour le bloc réservoir / selle.

Il est d’ailleurs assez impressionnant de voir le prototype sans ce bloc réservoir/selle, d’autant plus que la MS18 adopte également un tout nouveau bras oscillant arrière « inversé » issu d’une Yamaha R1 (modèle 2014) dont l’arrière a été retravaillé afin d’accueillir la roue arrière empruntée à la Suzuki GSXR 1000 et le système de démontage rapide. On retrouve ce type de bras oscillant sur les motos de Grand Prix abaissant ainsi le poids et libérant de l’espace. Espace judicieusement utilisé sur la MS18 où l’on voit une sublime pièce faisant le lien des éléments de l’arrière de la machine et notamment de l’amortisseur arrière (Delcamp) et de son basculeur. On peut voir le dessin ingénieux de cette pièce qui permet à la fois de gagner du poids tout en gardant la rigidité de la pièce taillée masse et libérant de la place où vient se loger la batterie. Pour l’occasion le partenaire de lignes d’échappements Scorpion a réalisé une tubulure de fin de ligne spéciale pour s’intégrer parfaitement au bras oscillant « inversé ».

 

C’est également au cours de ces 2 journées que l’intégration de deux nouveaux pilotes à l’équipe MetisS s’est effectuée, en vue de la participation aux 24H du Mans Motos. Ce fût pour tous deux leurs premiers tours de roues sur une moto à T.S.S..

Le premier d’entre eux est le jeune Martin Renaudin roulant cette saison en championnat de France 600 SSP qui découvrait en même temps les joies de la 1000cc avec la MS18. Ce sera pour lui sa première participation à une course de 24H au contraire d’Hervé Chéron le second pilote à intégrer l’équipe MetisS qui a déjà participé à 2 épreuves des 24H du Mans Motos.

Le trio de pilotes composé d’Emmanuel Cheron, Hervé Cheron et Martin Renaudin sera épaulé par l’expérimenté Cyril Huvier en tant que 4e pilote/remplaçant.

Emmanuel Cheron

Hervé Chéron

Martin Renaudin

Toute la petite équipe du Team MetisS a réalisé un véritable exploit grâce aux talents composant cette équipe, carburant à la passion, dont le cheval de bataille est le “ Built it yourself * ” et le “ Hand Built France ** ” aidée en cela par ses partenaires anciens et nouveaux qui s’investissent dans cette noble aventure où l’on voit des individus s’unir pour repousser les frontières du réalisable et suivre son propre chemin technologique.

 

Il est à noter que cette année et pour le 40e anniversaire des 24H du Mans Motos, une présentation des pilotes et de leur machine aura lieu au centre ville du Mans (Mercredi 18 Avril à partir de 14h, place des Jacobins au pied de la Cathédrale du Mans) comme cela se fait pour les 24H du Mans Autos. Soit à quelques mètres d'où a été dessinée la MS18, dans le bureau d'étude de chez Jean-Bertrand Bruneau. Quand la grande Histoire rencontre la petit histoire...

N’hésitez pas à venir à la rencontre du Team MetisS ce jour là et sur le circuit Bugatti pour la semaine des 24H du Mans Motos où le Team MetisS (Box 46) profitera du début de semaine pour rouler en essais et mettre la MS18 (#45) sur orbite pour les qualifications du Jeudi et Vendredi en attendant la course le week-end des 21 et 22 Avril prochains.

 

*  “ Construit toi-même ”

**  “ Fabriqué à la main en France ”

 

 

 

 

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